Ce terme est pourtant bien mal choisi. Je viens de passer une après-midi à tracter dans les rues de Nancy notre document de deuxième tour.
entre midi et deux, c'était dans un quartier grand bourgeois. Des
kilomètres à faire, car un nom par entrée ! même quand il s'agit de grande, très grande maison ! Et surtout, difficile de rentrer, bien sûr... Une petite anecdote savoureuse : une dame, gentille
comme tout, sans doute la quarantaine, qui nous explique que nous perdons notre temps ! qu'elle vote comme papa et maman, que tout va bien dans cette ville (sous-entendu, pour elle), alors pourquoi
changer...? Pour nous faire plaisir, elle finit par accepter le tract pour elle, mais refuse de nous donner accès aux boîtes aux lettres des voisins.un autre quartier, populaire cette fois-ci "la chiennerie"... (car en plus de ne savoir dessiner/voter que des immeubles inhumains, les architectes/élus, s'amusent toujours à trouver des noms tout à fait sympathiques aux quartiers HLM...). Rencontre avec une dame, qui balaye l'entrée de l'immeuble. plein de bouts de verres de bouteilles de bière parterre. Une dame, toute aussi gentille que la première, mais excédée : les assitantes sociales qui ne l'aident pas (mais qui aident les noirs et les arabes), les jeunes qui squattent son entrée parce que l'OPHLM n'a pas fait réparé la porte, qui ne ferme plus depuis six mois, et sa retraite qui ne lui permet pas de vivre dé$emment. Le tout dit, tranquillement, sans haine, avec juste ce qu'il faut de désarroi, pour vous serrer les tripes.
Voilà, moi, je suis rentrée chez moi ce soir (avant, je suis allée boire un coup au Flo, grande brasserie art nouveau nancéeinne : 7 euros les 2 demi) ; suis devant mon ordi portable et j'écris à mes copains, dans un chouette appart...
Ben c'est peut-être con à dire, mais je trouve que c'est important pour la démocratie que ces rencontres là puissent se faire. ça change peut-être pas la face du monde... encore que...
La république, c'est aussi un peu comme ça qu'on peut la défendre.
Mais ça ne suffit pas. car elles ne se rencontrent pas, ces deux dames là. et nous ne savons pas leur apporter les réponses qu'elles attendent. Les deux se disaient désabusées. les deux nous ont dit qu'elles pensaient qu'on ne pouvait pas changer les choses, agir sur leur quotidien. et ça en revanche, je pense que c'est ça qui peut faire crever notre république.
Mais comment redonner l'espoir ? Comment faire en sorte que nous retrouvions collectivement la conviction que nous pouvons transformer notre société ?
Sylvie
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires - Recommander

e de sentiment.
Commentaires Récents